Terre en vue ! Le grand débrief de la Transat’

Après 18 jours de mer, l’équipage de Camogli touche terre à Bequia, petite île des Grenadines, sous les cornemuses et les cornes de brume. Ce dernier épisode de la série audio The Other Side revient sur une arrivée intense, les retrouvailles avec Tamarin et les confidences d’un trio marqué à jamais par cette traversée.


Bequia, point final d’une traversée et début d’autres récits

Le 24 janvier, le voilier Camogli jette l’ancre dans la baie de Bequia. Une arrivée pleine d’émotion, marquée par la joie partagée d’avoir mené cette aventure jusqu’à son terme.

Tamarin, le bateau compagnon de route, actionne ses cornes de brume en guise de salut. Et depuis Skol Louarn, les notes puissantes de cornemuses résonnent dans l’air chaud : une scène aussi inattendue que mémorable, gravée à jamais dans les mémoires de l’équipage.

Lucie, Yohan et Pierre-Emmanuel sont encore entre deux mondes. Le corps tangue toujours un peu, le sommeil reste léger. Le rythme de la mer n’a pas encore quitté leurs gestes.

Lucie prête à affaler la Grand Voile pour la dernière fois de la traversée (Photo - Pierre-Emmanuel HUTEAU)

Le choc joyeux du retour à terre

Bequia n’est pas un havre silencieux.

À terre, l’ambiance est vivante, parfois bruyante, portée par de gros sons reggae qui s’échappent des bars et des échoppes.

Il y a du monde, beaucoup de voiliers au mouillage, et une effervescence agréable après plus de trois semaines d’isolement.

On retrouve l’agitation du monde terrestre avec une certaine joie. Les odeurs, les bruits, les couleurs, les interactions : tout semble plus intense, plus direct.

Après tant de jours à observer uniquement l’horizon et les vagues, ce retour au mouvement du monde est presque euphorisant.

Bequia au coucher du soleil (Photo - Pierre-Emmanuel HUTEAU)

Le grand débrief de l’équipage de Camogli

Une fois l’ancre posée, vient le temps de faire le point.

Lucie, Yohan et Pierre-Emmanuel partagent leurs ressentis à chaud, dans une conversation riche et sincère.

Chacun revient sur ce que cette traversée a représenté pour lui ou elle : un accomplissement personnel, une aventure collective, un moment de bascule.

Ce débrief met aussi en lumière la manière dont chacun s’est adapté, a évolué, s’est découvert différemment au fil des jours.

Vivre en mer, c’est se confronter à soi-même, mais c’est aussi apprendre à faire corps avec un équipage. À Bequia, dans l’intimité du cockpit, ces mots prennent un relief particulier.

Lucie et Yohann à l’arrivée à Bequia (Photo - Pierre-Emmanuel HUTEAU)

Tamarin : regards croisés sur la mer

Depuis Mindelo, Tamarin navigue en parallèle de Camogli. Laura, Octave et Louis ne sont donc pas de nouveaux visages, mais cette escale permet de prolonger les échanges. À bord de leur voilier, les discussions se posent, s’approfondissent.

Laura raconte sa motivation première : quitter une certaine pression sociale, sortir des cadres attendus. Octave, lui, parle d’autonomie, de la liberté d’être maître de ses choix. Louis évoque un rêve d’enfant devenu réalité. Tous trois partagent une vision plus intuitive de la navigation, moins structurée mais profondément engagée. Leur traversée s’est faite sans horaires fixes, sans organisation rigide, portée par une autre manière de vivre la mer.

Chacun exprime aussi sa perception intime de cette grande traversée : Laura a apprécié la lenteur, le silence, les longues journées à lire ou à observer la mer. Octave a été marqué par l’apprentissage constant, les réparations, la gestion du quotidien à bord. Louis, lui, avoue avoir été marqué par l’humilité qu’impose la mer.

Tamarin et son équipage (Photo - Pierre-Emmanuel HUTEAU)

Une traversée exigeante, mais accessible

En clôture de ce quatrième et dernier épisode du podcast, Pierre-Emmanuel revient sur le sens profond de cette aventure. Il insiste sur un point essentiel : cette traversée de l’Atlantique n’est pas réservée à une élite de navigateurs expérimentés. Elle demeure accessible, à condition d’y consacrer du temps, de la préparation, de l’écoute et une attention sincère à la dynamique de groupe.

Parmi les conseils qu’il partage, une recommandation singulière: « Ne prenez pas de Starlink. » Ce refus de la connexion permanente n’est pas un simple choix technique, mais un parti pris pour préserver l’expérience de l’isolement, de la coupure, du présent pur. Une manière d’honorer pleinement l’essence de la traversée.

Croisement de voiliers entre Bequia et Moustique (Photo - Pierre-Emmanuel HUTEAU)


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